Mes photos intimes circulent : quelles preuves garder ?

Illustration IA · non documentaire

Si vos photos ou vidéos intimes circulent sans votre accord, documentez les adresses, comptes, dates et messages de diffusion, puis demandez leur retrait. Conservez les traces des signalements et envisagez une plainte lorsque les faits peuvent constituer une infraction. Si une personne vous fait chanter, ne payez pas et n’envoyez pas de nouvelles images. Pour des images sexuelles d’un mineur, évitez de créer de nouvelles copies : demandez l’aide du 3018 ou des autorités pour la conservation des éléments.

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Donner son accord pour une image ne signifie pas autoriser toutes ses utilisations. L’article 226-2-1 du Code pénal vise notamment la diffusion à un tiers ou au public de contenus sexuels sans l’accord de la personne, dans les conditions qu’il précise. Une diffusion privée peut donc aussi soulever une question pénale.

À retenir dans les premières heures

  • Notez l’URL de chaque publication, le compte, la plateforme et l’heure de consultation.
  • Gardez les messages de menace ou de chantage, avec leur contexte.
  • Signalez le contenu précis comme image intime diffusée sans consentement, lorsque ce motif est proposé.
  • Conservez la confirmation, le numéro de dossier et la réponse de la plateforme.
  • Si un compte a été piraté, sécurisez-le depuis un appareil de confiance.
  • Ne republiez pas l’image pour dénoncer sa diffusion.

Quelles preuves garder sans amplifier la diffusion ?

Le dossier doit permettre de comprendre où le contenu a circulé, quand vous l’avez constaté, comment il vous concerne et quelles démarches vous avez faites. Il n’est pas nécessaire de diffuser vous-même l’image à vos proches ou sur un réseau social pour expliquer ce qui arrive.

Élément Information à conserver Limite
Publication Adresse exacte, nom du compte, date et contexte de consultation. Une URL peut devenir inaccessible ; notez le constat avant le retrait.
Messages Menaces, demandes d’argent, indications de diffusion et messages précédents ou suivants utiles. Un pseudonyme ne prouve pas l’identité réelle de l’auteur.
Signalement Motif choisi, date d’envoi, référence et réponse. La réponse de modération ne tranche pas la qualification pénale.
Compte piraté Alertes de connexion, modifications de paramètres et confirmations de récupération. Un accès suspect ne prouve pas à lui seul qui a diffusé l’image.

Pour les messages non explicites, une capture complète et lisible peut documenter la menace. Préservez leur ordre et les informations de date. Lorsqu’il s’agit de votre propre contenu adulte déjà présent sur votre appareil, gardez l’original de façon sécurisée et demandez conseil sur sa transmission aux autorités. Si le contenu représente un mineur, ne le téléchargez pas et ne le transférez pas pour constituer vous-même une collection de preuves.

Notre méthode pour organiser des captures pour un avocat complète cette démarche. Une capture peut établir ce qui était affiché ; elle ne garantit ni l’identité d’un compte ni l’exhaustivité d’une conversation.

Demander le retrait, puis vérifier ce qui a disparu

Utilisez le signalement de la publication ou le formulaire spécialisé de la plateforme. Indiquez que vous êtes la personne représentée, que vous n’avez pas consenti à cette diffusion et les adresses concernées. Gardez une copie de votre demande. Évitez d’envoyer un document d’identité ou un fichier intime à un intermédiaire dont vous n’avez pas vérifié le rôle.

Si un site héberge plusieurs copies, listez les adresses séparément. La suppression d’une publication ne garantit pas celle de toutes les reprises. Le retrait du site source et le déréférencement d’un résultat de recherche sont deux démarches différentes. La CNIL explique les demandes de retrait d’image. Notre guide faire supprimer un contenu sur Internet détaille les démarches générales.

Take It Down et StopNCII : des outils complémentaires

Take It Down, proposé par le NCMEC, concerne des images prises quand la personne représentée avait moins de 18 ans, même si elle est aujourd’hui majeure. Le service calcule sur l’appareil une empreinte numérique du fichier déjà détenu ; l’image elle-même n’est pas envoyée. Il demande expressément de ne pas télécharger ni partager une image pour l’utiliser. Son action concerne les services participants, publics ou non chiffrés.

Pour les contenus adultes, StopNCII propose aussi un calcul d’empreinte sur l’appareil. Vérifiez ses critères d’éligibilité avant de commencer. Les plateformes participantes peuvent rechercher des correspondances conformément à leurs politiques. Aucun de ces outils n’efface tout Internet et aucun ne remplace une plainte.

Si la diffusion s’accompagne de chantage

Une demande d’argent ou de nouvelles images sous menace de publication correspond à une situation de sextorsion. La fiche de Cybermalveillance.gouv.fr recommande notamment de ne pas céder, de préserver les éléments et de déposer plainte. Si vous avez déjà payé, conservez les références des paiements : cela reste une information utile pour le dossier.

En cas de compromission d’un compte, changez son mot de passe, contrôlez les sessions ouvertes et activez l’authentification à deux facteurs. Conservez les alertes reçues. N’effacez pas toute la conversation dans la précipitation : après avoir documenté les éléments utiles, bloquez et signalez le compte selon les recommandations d’accompagnement.

Plainte et accompagnement : à qui s’adresser ?

Une victime peut déposer plainte au commissariat ou à la gendarmerie, ou écrire au procureur de la République. Les canaux de plainte en ligne dépendent des faits : n’assimilez pas tout formulaire de signalement à un dépôt de plainte. Le guide Service-Public explique les possibilités. Pour présenter les pièces de façon lisible, consultez la méthode du dossier de preuves.

Pour un mineur ou un jeune confronté à des violences numériques, e-Enfance / 3018 peut aider à s’orienter et à agir auprès des plateformes. En cas de danger immédiat, contactez les services d’urgence.

Pourquoi l’accord initial ne règle pas la question

Le fait d’avoir créé ou envoyé une image ne justifie pas sa diffusion non consentie. Il faut distinguer l’accord à la prise de vue, à un envoi déterminé et à une autre diffusion. Les infractions possibles diffèrent selon l’obtention de l’image, la personne représentée, les menaces et les conditions de publication. Faites qualifier les faits à partir de ces éléments, sans réduire toutes les situations au seul terme « revenge porn ».

Pour aller plus loin

Sources et date de vérification

Vérifié le 7 octobre 2026. Les interfaces de signalement peuvent évoluer. Le guide porte sur la préservation des éléments et les démarches en France ; il ne garantit pas la suppression de toutes les copies.

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