Repères de rentrée 2026. Vérification juridique : 15 septembre 2026. Les changements déjà applicables et ceux prévus le 23 octobre sont distingués ci-dessous.
Les changements de l’été 2026 appellent plusieurs ajustements dans les cabinets pénalistes : partage des notifications, suivi des demandes de mise en liberté, contrôle des prélèvements et choix de l’objet d’un appel criminel. Le 23 octobre, de nouvelles règles toucheront aussi les nullités et les mémoires. E-evidence, applicable depuis le 18 août, complète cet ensemble pour les preuves électroniques transfrontières. [1–2]
Le calendrier des huit sujets
| Sujet | Repère temporel | Réflexe pratique |
|---|---|---|
| Notifications à plusieurs avocats — art. 115 | 25 juillet 2026 | Vérifier les désignations et partager les actes reçus |
| Demandes de mise en liberté — art. 148 et suivants | Juillet 2026, avec règles transitoires | Suivre demandes, recours et délais successifs |
| Empreintes et prélèvements — art. 55-1 et 706-56 | 25 juillet 2026 | Retrouver la décision écrite et motivée |
| Appel criminel — art. 380-2-1 A et B | 25 juillet 2026 | Définir précisément l’objet du recours |
| E-evidence — règlement 2023/1543 | 18 août 2026 | Envisager conservation et production de données ciblées |
| Nullités pendant l’instruction — art. 173-1 | 23 octobre 2026 | Tracer demande de copie et délivrance du dossier |
| Mémoires — art. 198 | 23 octobre 2026 | Adapter calendrier et canal de dépôt |
| Nullités au correctionnel et citations — art. 385 et 552 | 23 octobre 2026 | Vérifier trois, quinze et vingt jours selon leur objet |
Notifications : l’absence de copie ne prouve pas un remplacement
Une notification à l’un des avocats valablement désignés vaut pour l’ensemble des conseils de la partie pendant l’information judiciaire. Pour sécuriser un dossier, il faut rapprocher la liste des avocats désignés, l’acte transmis et sa preuve de réception. La communication entre cabinets devient donc un point de suivi essentiel. [1, art. 10]
Détention : suivre toute la chaîne des délais
Les nouvelles demandes de mise en liberté sont encadrées lorsqu’une demande antérieure ou un recours contre le placement n’a pas été définitivement tranché. Certains dépassements de délai ouvrent désormais une étape de débat à convoquer sous 24 heures et à tenir sous cinq jours. Le fondement et les exceptions doivent être identifiés avant de conclure à une remise en liberté d’office. [1, art. 10 et 12]
Prélèvements et appel : deux contrôles concrets
Pour les opérations visées par les articles 55-1 et 706-56, le contrôle commence par la décision écrite et motivée. Ce sujet complète notre guide sur les garanties entourant les données biométriques.
En matière criminelle, l’appel peut être limité à certaines infractions ou aux peines complémentaires dans les conditions nouvelles. Pour ce dernier cadre, la formation prévue est composée de trois magistrats sans jury. Le choix du périmètre doit être expliqué au client avant la déclaration. [1, art. 3 et 5]
E-evidence : une voie européenne pour les données stockées
Le règlement européen permet des injonctions de production et de conservation auprès des destinataires qu’il vise dans un cadre transfrontière. Le délai de réponse à la production est de dix jours, ou huit heures dans les urgences définies par le texte. Cela ne donne pas à l’avocat un accès direct aux comptes : la voie procédurale et l’autorité compétente restent à identifier. Notre guide e-evidence détaille ce dispositif. [2]
Le 23 octobre : préparer les nullités et les écritures
Le délai de l’article 173-1 passe de six à quatre mois. Pour les actes initiaux, une demande de copie dans les sept jours francs suivant la mise en examen peut déterminer un point de départ à la délivrance du dossier. Il faut documenter les deux événements. [1, art. 9 et 12]
L’article 198 prévoit trois jours avant l’audience hors détention, sous l’exception légale. En détention, la production au greffe demeure possible jusqu’au jour de l’audience ; les envois à distance ont des contraintes distinctes. Le dernier mémoire doit toujours reprendre les moyens de nullité maintenus. [3]
Au correctionnel, la règle des trois jours pour les conclusions écrites de nullité comporte notamment une exception lorsque la citation ou convocation intervient moins de vingt jours avant l’audience. Le délai ordinaire de citation de l’article 552 passe, lui, à quinze jours dans son champ territorial. Ces chiffres ne sont pas interchangeables. [1, art. 9]
Ce que cette sélection ne remplace pas
Cette page est une sélection pratique, pas l’inventaire de toutes les lois pénales de l’été. Elle distingue les textes adoptés, leur date d’application et le travail concret à préparer. Pour les outils, notre guide RPVA, PLEX et JUDEX explique pourquoi une plateforme de transmission ne remplace pas le contrôle de la recevabilité d’un acte.
Sources officielles
- Loi n° 2026-651 du 23 juillet 2026, notamment articles 3, 5, 9, 10 et 12.
- Commission européenne : e-evidence, dates et mécanismes.
- CPP, article 198, version du 23 octobre 2026.
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