Les cryptoactifs ne sont pas invisibles. Ils sont parfois pseudonymes, transfrontaliers, rapides, complexes, mais ils laissent des traces. L’article de l’UNPJ sur l’Unite nationale d’investigation montre que les affaires d’enlèvements, de séquestrations et de criminalité organisee liees aux cryptomonnaies mobilisent de plus en plus de competences techniques, patrimoniales et internationales.
Point cle : dans les dossiers crypto, la preuve se construit rarement sur une seule transaction. Elle relie portefeuille, plateforme, téléphonie, patrimoine, messages, géolocalisation et circuits de blanchiment.
Pourquoi les cryptoactifs interessent les criminels
Les cryptoactifs permettent de deplacer de la valeur sans passer par les circuits bancaires classiques. Cela peut servir à payer, blanchir, extorquer ou dissimuler. L’UNI explique que les criminels peuvent utiliser des prete-noms, saucissonner les sommes, faire transiter les fonds par l’etranger, produire de fausses factures, recourir aux crypto-monnaies ou exploiter des mecanismes informels.
Mais cette sophistication cree aussi des traces nouvelles : adresses de portefeuilles, transactions publiques sur certaines blockchains, comptes de plateformes, historiques de connexion, KYC, echanges de messages, achats de materiel, retraits ou conversions.
Les preuves typiques d’un dossier crypto
| Trace | Ce qu’elle peut etablir |
|---|---|
| Adresse de wallet | Point d’entree ou de sortie d’un flux. |
| Transaction blockchain | Date, montant, chemin apparent des fonds. |
| Compte exchange | Identité declaree, documents KYC, IP, retraits. |
| Telephone | Applications, messages, captures, authentification. |
| Patrimoine | Train de vie, achats, biens, prete-noms. |
L’argent numérique rejoint l’enquête classique
Un flux crypto n’a de sens que s’il est relie à des personnes et à des faits. Une transaction peut montrer un mouvement de valeur, mais pas toujours l’auteur reel. Il faut donc croiser avec les données de connexion, les appareils saisis, les conversations, la surveillance, les perquisitions, les saisies et les elements patrimoniaux.
C’est pour cela que l’approche patrimoniale devient centrale. Suivre l’argent, c’est parfois demonter l’organisation : qui collecte, qui convertit, qui prete son nom, qui garde les codes, qui beneficie vraiment ?
Ce que cela change pour la preuve
Les cryptoactifs obligent les dossiers penaux à parler plusieurs langues à la fois : technique blockchain, droit penal, finance, coopération internationale et enquête de terrain. La preuve devient un graphe. Pour convaincre, il faut rendre ce graphe lisible sans le simplifier abusivement.
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Sources
- UNPJ, L’UNI : le nouveau bras arme de la gendarmerie contre le crime organise
- Ministère de l’Intérieur, rapport annuel sur la cybercriminalité 2026
- Cybermalveillance.gouv.fr, risques liés au secteur des crypto-actifs
- TRACFIN, lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme
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